Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
Il faudra tôt ou tard se demander quelles seraient les caractéristiques d'un monde dont nous pourrions qualifier l'équilibre de "satisfaisant".
Voyons donc cela dès maintenant.
On pourrait avancer que cet équilibre serait atteint lorsque nous n'aurions plus aucune raison d'écrire cela :
Quel avenir pour l'espèce humaine ? Quel futur pour la planète ?
Stern Review on the Economics of Climate Change(en anglais)
Record pour les gaz à effet de serre
Immigrés morts aux frontières de l'Europe
Et ce n'est là qu'un microscopique échantillon, très loin de représenter tout ce dont nous pourrions (devrions, probablement...) nous offusquer, tout ce qui menace des humains ici ou là , tout ce qui trahit de profondes inéquités...
Si la lecture d'un plus grand nombre de documents comparables nous fournit des témoignages plus variés sur les différents déséquilibres à l'oeuvre sur la planète elle n'en définit pas pour autant les caractéristiques de ce que serait un état d'équilibre correct.
L'essentielle vertu de cet "état d'équilibre correct" serait qu'il assurât entre les humains vivants et à venir des conditions donnant à chacun des chances de pouvoir mener une vie ouverte sur des possibilités comparables à celles dont chacun des autres pourraient bénéficier et barrée d'entraves qui seraient communes à tous.
Ce qui réfère d'une certaine façon à cette définition de la liberté qui stipule que celle de chacun s'interrompt là ou débute celle de l'autre et nous renvoie à la notion d'équité.
Il faudra remarquer que de très nombreuses formes de sociétés ont précédé celles que nous connaissons aujourd'hui, qu'aucune de ces sociétés n'était dépourvue de mécanismes définissant des codes de conduite et des rôles afin que les comportements de chacun s'inscrive dans un champ des possibles bien délimité.
Une liberté totale n'a jamais existé, nulle part, durablement.
Ce qui a permis à certaines de ces sociétés de durer, parfois des millénaires, a toujours reposé sur une acceptation de ces codes par tous les membres de ces sociétés et cela sur le long terme.
Ces codes de contrôle social étaient acceptés car fondés sur des éléments intellectuels largement partagés, qu'ils fussent de l'ordre du raisonnement pur ou de la religion.
Qu'est-ce qui a présidé à l'établissement de ces codes, un raisonnement sur les conditions pour lesquelles une société pourrait trouver un équilibre durable ?
Mais des sociétés archaïques disposaient-elles à la fois de l'expérience d'avoir vu se désagréger des sociétés aux codes invalides, qui les aurait menées à la déduction que disposer d'un code efficace était une nécessité incontournable, et des concepts indispensables pour appuyer un raisonnement sur ce qui définirait un code valide ?
On peut l'imaginer mais il semble plus probable que ces codes se sont élaborés petit à petit, au fil des besoins, par expérimentations et tâtonnements, peut-être avec des épisodes de rejet et des réajustements pour parvenir enfin à une solution qui n'était plus remise en cause.
Ces codes intégraient essentiellement 3 sphères (pour autant qu'on puisse ainsi les décomposer) : la sphère du spirituel (rapport à des puissances "occultes"), la sphère des hiérarchies humaines (qui existait fréquemment) et sociales et la sphère des rapports à l'environnement, en notant la très forte interdépendance de ces 3 sphères en fait indissociables.
Dans notre monde actuel où se mêle le laïque, l'athée, l'agnostique et le croyant la sphère du spirituel n'a cependant disparu pour personne, qu'on veuille la représenter par la philosophie, la religion ou la morale.
Celle des hiérarchies sociales n'a pas disparu et tant que nous ne serons pas parvenus à nous élever au rang de purs esprits il nous faudra tenir compte de notre environnement.
L'avantage dont nous pourrions nous prévaloir sur toute société archaïque serait la masse impressionnante de connaissance que nous avons accumulées au fil du temps, et qui devrait nous aider à définir un code de conduite au moins aussi efficace que celui dont disposaient ces sociétés d'un autre âge.
Une efficacité démontrée par leur durabilité.
Ces sociétés n'excluaient pas nécessairement la violence, interne ou externe, certaines y recouraient plus que d'autre, mais cette violence était toujours codifiée, généralement de façon très stricte.
Aujourd'hui nous constatons dans toutes nos sociétés modernes des instabilités de tous ordres d'une intensité telle que nous en venons à nous questionner sur la durabilité de notre mode de vie.
Nous savons que de nombreuses sociétés se sont effondrées, un exemple tout à fait majeur nous est donné par le système soviétique qui a pu se développer sur une accumulation de déséquilibres pour atteindre un seuil de rupture et nous démontre ainsi qu'il est difficile de juger de la valeur de certains "succès".
Il aurait fallu à un observateur extérieur et distant une échelle de temps assez longue (attente d'une validation par la durée) pour évaluer la durabilité de ce système, pour un observateur qui aurait effectué une analyse approfondie du mode de fonctionnement de cette société il aurait probablement été possible de prédire qu'elle s'effondrerait à une échéance assez brève au regard des temps historiques : cet observateur n'aurait pas été abusé par certains succès ponctuels et aurait pris en compte des déséquilibres profonds dans les 3 sphères mentionnées plus haut autant que la non "acceptabilité unanime" de certains codes utilisés par cette société.
On peut effectuer une analyse approfondie du fonctionnement actuel du monde, on la réalise d'ailleurs par bribes : les liens ci-dessus donnent un aperçu de ce travail.
Un monde qui connaît certains succès à la répartition plus ou moins homogène, le plus souvent très hétérogène : il y a dans ce cas déséquilibre.
Un certain nombre de ces hétérogénéités ont un effet cumulatif dans le temps si on leur laisse libre cours : nous le savons et nous devrions en déduire qu'il serait impératif de stopper leur développement, parce qu'elles ne remplissent pas la condition d'acceptabilité unanime.
Voilà peut-être la condition nécessaire et suffisante pour que notre monde parvienne à se doter d'un équilibre satisfaisant : il lui faudrait disposer d'un code de bonne conduite sociale acceptable par tous et qui définirait avec assez de précision les comportements qui nous permettrait de vivre correctement dans la longue durée.
Ce code définirait les exigences minimales que tous pourraient attendre de chacun et chacun de tous.
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