Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
On le sait notre civilisation produit de très grandes quantités de déchets.
Dans le meilleur des cas, solides ils rejoindront poubelles et bennes, liquides - on les nommera "effluents" - ils transiteront par une station d'épuration et, gazeux, ils seront plus ou moins épurés.
Tout ce qui ne passera pas ces étapes sera rejeté dans "la nature" et ce qui aura franchi les mailles de ces dispositifs s'y retrouvera souvent aussi, sans pour autant que cela lui soit bénéfique.
Du point de vue de ses rejets notre civilisation doit probablement être considérée comme la plus sale que la Terre ait porté et nous montre cet étonnant contraste entre notre désir d'aseptisation, jusqu'à une plus ou moins indéfinissable "pureté", pour ce qui concerne ce que nous "possédons" et notre très grande indifférence pour l'état de ce qui constitue notre bien commun, "la nature", mais ne nous appartient pas sur titre de propriété.
Ainsi l'on nettoiera sa voiture à grand renfort de détergents, dans son jardin, pour aller faire un tour en forêt où on laissera au pied d'un arbre reliefs et emballages du pique-nique...
Ah qu'il est beau, ce lac de barrage, quand il est plein raz-bord !
Et ces jolis touristes qui en aiment tant les berges dès le premier rayon de soleil !
Mais qu'il devient laid quand l'eau baisse de quelques mètres, laissant voir ce qu'on a pu y jeter...
On se dit alors qu'un certain nombre de ces touristes bien propres sur eux sont en fait des gens très sales... mais on ne le voit pas au premier coup d'oeil : c'est probablement cela, l'essentiel !
Non, nos comportements vis à vis de nos déchets ne sont pas toujours exemplaires mais il y a plus grave...
Les progrès scientifiques et techniques en physique et en chimie ont mis à notre portée de nouvelles molécules, de nouveaux matériaux, de nouveaux composés que nous utilisons pour fabriquer ce qui deviendra nos déchets mais on constate une dissymétrie entre l'élaboration de substances ou de matériaux complexes et notre capacité à en séparer les composants : c'est tout le problème du tri de nos déchets et du traitement de nos effluents afin qu'ils ne causent pas de dommages à notre environnement.
Y-a-t-il une (ou des) frontières techno-scientifiques infranchissables dans ce domaine ou bien consacrons-nous jusqu'à maintenant trop peu d'énergie à résoudre ce type de problème ?
Je pencherais a priori pour la seconde hypothèse, bien que cette rubrique vous permettra de comprendre à quel point nous sommes confrontés à des problèmes difficiles.
Dans bien des cas "l'impossibilité" de retourner à "la nature" des résidus inertes, qui ne la dégraderaient pas, est liée à l'insuffisance des moyens que nous consacrons à l'épuration / détoxification, et la raison en est simple : les coûts sont élevés, personne n'est vraiment disposé à les assumer et il en sera ainsi aussi longtemps qu'ils ne seront pas "internalisés".
Que signifie cette "internalisation" ?
Elle serait effective si, lorsque nous achetons un "produit", nous nous acquittions également de la totalité du coût de sa destruction après usage.
Alors il n'y aurait peut-être plus cette barrière du coût du traitement, mais aussi serions-nous peut-être plus vigilants et n'achèterions-nous de préférence que des produits dont le coût de traitement serait "acceptable".
Mais cette réintroduction des coûts externes ne réglerait peut-être pas tous les problèmes car il y a dans de nombreux cas des questions techniques très difficiles à résoudre.
La question des boues de stations d'épuration, avec la présence de métaux lourds à des concentrations faibles, qui ne permettent donc pas de traiter ces boues comme des minerais, ne trouve pas de solutions véritablement satisfaisantes.
Les agriculteurs qui utilisent ces boues aux fins de fertilisation peuvent donc avoir la certitude qu'ils enrichissent leurs terres en métaux lourds et l'on sait que les plantes ont plus ou moins de capacités à les absorber...
Il en est de même avec les rejets liquides qui contiennent une assez large gamme de résidus, notamment médicamenteux, qui n'ont pas été dégradés par les processus d'épuration et sont rejetés munis de tout leur potentiel d'activité dans les eaux de surface.
Ainsi nageant dans des eaux plus ou moins enrichies en oestrogènes des poissons subissent-ils des perturbations sexuelles inquiétantes.
Tout polluant diffus pose donc de graves problèmes à la fois dans l'immédiat et pour le futur, problèmes locaux et généraux.
Problème local pour la parcelle sur laquelle sera épandue une boue contenant du plomb, du mercure, du cuivre... qui s'étendra à un problème plus général si certains métaux parviennent aux nappes phréatiques ou se transforment en composés toxiques capables de les atteindre (méthylation du mercure par exemple), problème local des poissons soumis à ces oestrogènes et perturbateurs endocriniens qui rejoindront également les nappes phréatiques et que nous retrouverons dans les eaux de notre robinet, problème général pour ce qui atteindra les océans où l'on a identifié des zones profondes polluées et mortes...
Et dans tous les cas où nous serons en présence de polluants à longue durée de vie il nous faudra tenir compte des phénomènes cumulatifs, qui se présenteront dans les terres, les eaux, les graisses animales...
De très nombreux déchets insuffisamment traités présentent des dangers pour notre avenir...
Problèmes scientifiques et techniques, mais aussi problèmes du point de vue de l'équité, la question des déchets se pose également en termes politiques et sociaux.
Pour les déchets la taxe d'enlèvement des ordures ménagères est généralement forfaitaire : elle ne s'établit ni à la qualité ni au volume (ou à la masse) des déchets produits.
Elle ne tient donc compte ni des comportements individuels ni des revenus du "producteur" or on pourra estimer qu'un ménage très aisé est susceptible de produire une quantité de déchets nettement supérieure à ce que produirait un ménage aux revenus très faibles.
Mais le comportement de chaque individu peut aussi faire que cette proportionnalité, apparemment de "bon sens", ne s'applique pas.
A l'heure actuelle chacun "paye ses déchets" sans qu'il y ait de relation entre le volume, la qualité de ces déchets et le prix auquel ils sont facturés.
On pourra donc douter qu'il s'agit là du "juste prix", et l'on regrettera que ce prix ne soit pas une incitation à se montrer économe en déchets.
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