Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
Attitude, doctrine, système politique ou religieux visant à s'opposer à la diffusion, notamment dans les classes populaires, des "lumières", des connaissances scientifiques, de l'instruction, du progrès.
Il me semble que ce mot est fort approprié pour décrire ce qui est le plus souvent à l'oeuvre dans la conduite du monde, ce qui pointe son nez dans la politique à tous les niveaux jusqu'à en dénaturer complètement le sens.
Car que serait une politique dont le principal ressort reposerait sur un travestissement systématique de la réalité ou des représentations que nous en avons, sinon un jeu de dupes ?
Et des exemples d'un tel jeu ne manquent pas...
Un "jeu" par essence anti démocratique car une véritable démocratie ne peut être virtuelle et se dérouler dans un monde artificiel où tout serait faussé (ce serait un artifice de démocratie), car aussi ce travestissement est l'oeuvre de ceux qui disposent des moyens de le pratiquer, l'oeuvre de ceux qui détiennent certains pouvoir et dont on peut supposer qu'ils agiront dans le sens de leur propre intérêt.
Un intérêt qui ne sera pas l'intérêt de tous, cet intérêt général dont nos politiques ont pour mission de garantir le respect.
Un candidat à la Présidentielle 2007, Nicolas Sarkozy, ne cesse d'accuser la justice de ne pas faire son travail, de ne pas prononcer suffisamment de condamnations, d'incarcérations, en visant particulièrement le Président du Tribunal de Bobigny.
Ce dernier nous apporte sa vision des choses, en opposition assez totale avec les accusations du candidat qui est par ailleurs avocat de métier et devrait avoir une excellente connaissance du fonctionnement de la justice : Magistrat-citoyen perplexe et inquiet ("Le droit des enfants vu par un juge des enfants par Jean-Pierre Rosenczveig).
Il y a nécessairement, d'un côté ou de l'autre, une présentation erronée de la réalité.
"Errare humanum est" : où est l'erreur, est-elle volontaire ou repose-t-elle sur une méconnaissance de certains faits ?
L'enjeu de ce désaccord est politique, on peut penser que de la part du candidat un certain travestissement de quelques réalités pourrait lui "faciliter le travail" en lui permettant de placer un bouc émissaire fort bien venu dans cette "lutte contre la délinquance" qu'il mène avec un succès très discutable.
Mais on peut aussi penser que le juge mis en accusation ne connaît qu'insuffisamment son métier et que sa défense a peu de pertinence : il conviendrait alors d'examiner de plus près son travail et de le sanctionner si nécessaire.
Citoyens éventuellement peu rompus à déchiffrer le fonctionnement de la justice nous sommes tous en droit de nous poser ces questions : qui trahit la réalité, pourquoi, comment le savoir et comment réparer cette trahison qui n'est pas anodine ?
Comment sortir de cette obscurité dans laquelle on veut nous plonger ?
Et de penser : mais à qui "profite le crime" ?
Qui serait alors un crime de lèse démocratie ?
Ce n'est pas nouveau : depuis qu'il est devenu courant d'évoquer un "chômage de masse", qui affecte donc une part importante en pourcentage de la population, divers organismes s'ingénient à le minimiser car il est plus convenable, pour n'importe quel gouvernement, de pouvoir afficher un taux de chômage en baisse qu'un taux croissant.
Ainsi l'on radie, on supprime des listes pour divers motifs des personnes qui n'ont pas retrouvé d'emplois, et qui demeurent donc "chômeurs" (Personne ayant la capacité de travailler, salariée ou non, et qui, à la recherche d'un travail rémunérée, se trouve involontairement réduite au chômage.)
Là encore nous sommes en présence d'un travestissement de la réalité : est-ce acceptable ?
On pourra s'interroger sur cette "qualité humaine" qui conduit à ranger du côté de l'obscur des personnes, une partie de la population, afin de présenter de "bons résultats" qui en fait n'existent peut-être pas, ou ne sont pas si "excellents"...
Il y a peut-être là une question de probité (Rigueur, exactitude appliquée à serrer la vérité, la justesse au plus près) à examiner de près !!!
Si l'on imagine difficilement qu'il serait possible d'exprimer par des chiffres cette controverse entre un candidat et un juge il sera plus envisageable d'espérer parvenir à promouvoir une certaine "vérité des chiffres", d'éliminer cette face obscure qu'on y introduit si facilement pour des motifs électoraux.
Car se prononcer par un vote sur des chiffres délibérément orientés, manipulés, constitue un réel dévoiement de la politique qui peut être vu comme le fait de donner la parole à des menteurs afin de jouer le jeu de la vérité...
On m'objectera qu'il n'y a pas mensonge dans la mesure où la définition du dictionnaire (donnée plus haut) pour le mot "chômeur" ne doit pas être confondue avec une définition légale qui serait "personne inscrite sur les listes officielles du chômage" : le tour est joué !
Mais la "véritable" réalité est bien ce nombre de personnes "ayant la capacité de travailler, à la recherche d'un travail rémunérée qui se trouve involontairement réduite au chômage" : l'artifice ne tient pas, la réalité, les faits, ce qui existe... ne s'encombrent pas d'une quelconque légalité !
On pourra aussi défendre l'idée d'un raisonnement basé sur une convention : on représente l'effectif des chômeurs par un chiffre certes fictif par rapport à la réalité mais qui n'est pas dénué de sens puisque ce chiffre correspond au nombre de chômeurs se trouvant dans certaines conditions...
Pour ces conditions ce chiffre ne donne pas le nombre "des chômeurs" mais le nombre d'une certaine fraction définie selon certains paramètres.
Mais le poids de cette convention est très lourd : on en conclut presque systématiquement que le chiffre fourni représente l'ensemble de la réalité du chômage, et qu'il y a 2, 3 fois moins de chômeurs que ce qu'en compte réellement le pays.
Un glissement dangereux car d'une représentation de l'effectif des chômeurs à 9% de la population active à une représentation à 18% ou plus on peut supposer que l'effet psychologique de la statistique pourrait être différent, et justifier des attitudes différentes de la part à la fois du gouvernement et de la population (attention les pourcentages évoqués ici sont des ordres de grandeurs non vérifiés, fictifs).
Il y a donc parfois tromperie sur l'image de la réalité qu'on nous présente : s'il est amoral de tromper peut-être faudrait-il songer à réintroduire un minimum de morale dans l'univers de ces statistiques qui sont devenues un moyen essentiel de représentation du réel.
Si le discours est un instrument de la démocratie les statistiques en sont un autre du fait qu'elles lui procurent une assise à laquelle on associera facilement une dimension "scientifique".
Peut-on contester ce que nous affirmerait "la science" ?
Or nous venons de voir que les statistiques, quelles qu'elles soient, peuvent être modifiées, biaisées, manipulées de façon à véhiculer une image favorable : on trouve ce phénomène aussi bien en politique que dans diverses sciences qui utilisent les statistiques comme support à une démonstration et certaines fraudes ont eu un grand retentissement dans le monde scientifique.
Le mode de fonctionnement du monde scientifique permet en général de débusquer assez rapidement ces fraudes et de sanctionner les auteurs.
Ce n'est malheureusement pas le cas en politique, et l'on peut s'étonner de l'inertie citoyenne devant un certain nombre de manipulations.
Une démocratie qui s'appuierait sur des bases volontairement erronées serait-elle une véritable démocratie, n'y aurait-il pas dans le concept même de "démocratie" une certaine exigence sinon de vérité, au moins de "non tromperie" ?
Dans ce cas nous devons multiplier les efforts pour que les statistiques qui doivent nous aider à mieux connaître nos sociétés deviennent aussi réellement représentative de la réalité que possible.
Examinant de près cette exigence nous en viendrons rapidement à la conclusion qu'il serait souhaitable que les sources de ces statistiques, ceux qui seraient chargés de leur élaboration, devraient disposer d'une très grande indépendance vis à vis de toutes formes de pouvoir afin de n'être pas soumises à leur influence, à leurs pressions, leurs décisions.
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