Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
A l'heure du "Grenelle de l'environnement" qui devrait conduire à des décisions importantes pour notre avenir certains s'interrogent sur la nature des conséquences de cette concertation.
Les décisions qui en découleront affecteront-elles directement l'ensemble des grands mécanismes (état, entreprises, et jusqu'à des institutions internationales par différents mécanismes de contagion) sur lesquels repose notre société ou bien l'accent sera-t-il essentiellement mis sur les comportements individuels, avec une responsabilisation éventuellement démesurée des individus par rapport à l'état et autres puissances qui régissent nos vies ?
Cette question est tout à fait majeure : à l'issue de ce Grenelle le gouvernement pourrait décider de mettre l'accent sur l'importance du comportement de chacun et faire porter sur le citoyen l'essentiel des mesures qu'il prendra, ceci afin de ne pas affecter certains secteurs économiques.
Déjà il semble que le nucléaire et la construction de nouvelles autoroutes ont été évacués des débats.
Or dans ce "Grenelle de l'environnement" il est question... d'environnement et cela nous renvoie très directement au terme "écologie".
Le dictionnaire nous dit : "Science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent." avec cette extension en direction des sciences sociales : "Études des relations réciproques entre l'homme et son environnement moral, social, économique.".
Si l'on examine de près ce que signifie "les relations entre les êtres vivants... et le milieu" on comprend immédiatement que ces relations sont complexes et interagissent avec le "milieu" : elles sont capables de le modifier.
Guerre ou paix créent un environnement particulier qui ne dépend que de nous.
Le fait qu'une bactérie excrète des substances, qu'un rongeur, un ruminant, un éléphant... produise des excréments provoque une modification du "milieu", de l'environnement, modification qui pourra avoir des conséquences, bénéfiques ou non, sur l'environnement considéré, selon l'échelle à laquelle on l'observera.
Par exemple rien ne dit a priori que l'apport massif de crottes d'éléphant dans un environnement où cet animal n'a jamais vécu, par exemple une forêt de Picardie, procurera un avantage dans la fertilisation de cette forêt car il faut peut-être la présence d'organismes spécifiques pour dégrader ce type d'excréments, organismes que l'on trouve dans les sols des régions d'origine de l'éléphant (ceci est une hypothèse inventée pour l'occasion, évidemment).
Il pourra en découler une modification significative de la nature du sol qui aurait des conséquences sur des micro-organismes et, de fil en aiguille, sur la qualité du sol et la croissance de la forêt.
Dès que l'on se plonge dans des considérations "écologiques" au sens défini ci-dessus on entre dans un monde où tout est lié, indissociablement lié.
L'étude écologique est en quelque sorte la mise en évidence d'un "super hypertexte" qui est l'ensemble des relations de cause à effet qui régissent le vivant.
L'analogie avec le mode de fonctionnement du Web me semble intéressante : un lien sur un site (ou sur un blog) pourra avoir une conséquence sur "le milieu" et ses habitants.
Sur les habitants, la conséquence sera qu'un "clic" permettra d'atteindre une destination que l'on ne connaissait pas, sur le "milieu" ce "clic" inattendu correspondra à un supplément de trafic, l'enrichissement d'une ligne d'un "fichier log" et des statistiques de consultation du site visé, etc...
Mais cela ne sera possible QUE SI le réseau fonctionne, QUE SI aucune panne ne le perturbe, QUE SI les "autorités" n'ont pas imposé des filtres ou n'ont pas simplement déconnecté le réseau local du reste du monde, comme cela se fait en Chine ou en Birmanie...
On voit donc que l'initiative individuelle qui consiste à créer un lien n'est fonctionnelle QUE SI des instances supérieures autorisent cette possibilité, et QUE SI "l'écosystème" général est en bonne santé (absence de panne).
Sur le Web une personne est donc susceptible de modifier le "milieu" et les conditions qui affecteront un certain nombre "d'habitants de ce milieu" par un simple texte ou un lien, même si, en général, cette modification demeure minime.
Cependant l'ensemble des actions de chacun sur le Web a un résultat tangible, qui s'évalue sous la forme de divers "volumes" : quantités de données transférées, évolution du nombre de sites actifs, des taux de consultation, de la consommation électrique engendrée par la multiplication des équipements informatiques...
On constate donc sur le Web comme dans la vie que chaque "micro-action" de chaque organisme en présence aura, par effet cumulatif, un effet sur l'ensemble.
Dans la vie, dans un écosystème, on pourra envisager que "l'autorité supérieure", l'équivalent du gouvernement pour un pays, sera le climat, qui est à peu près la seule condition qui à la fois oriente la nature de la population qui peut vivre dans cet écosystème (êtres vivants adaptés à de fortes chaleurs, à des froids intenses, à des taux élevés d'humidité...) et peut être soumise à une évolution qui pourrait remettre en cause la survie des habitants de l'écosystème.
Dans la vie comme sur le Web rien ne se fait sans A LA FOIS l'interaction d'éléments généraux communs ("l'autorité supérieure") et l'action de chacun, quelle que soit cette action.
Etudier "la vie" comme étudier "le Web" et les mécanismes qui les régissent, c'est de l'écologie, et cela ne peut se faire sans prendre en compte A LA FOIS les caractéristiques des "éléments généraux communs" (qui peuvent varier d'un point de l'écosystème à l'autre, selon l'ampleur de la zone étudiée) ET les particularités comportementales de chaque organisme, de chaque individu, dans la mesure où ils sont dans tous les cas "acteurs du milieu" et en cela capables de le modifier.
L'écologie ne peut pas se contenter du détail local et se focaliser sur un seul fait, un seul paramètre, un seul comportement.
L'écologie est en quelque sorte la science du "tout", et de toutes les interactions, de même que notre environnement est la conséquence d'un ensemble de phénomènes indissociables et qui interviennent du niveau le plus microscopique jusqu'à l'échelle la plus globale.
On dira que l'écologie est "holiste" (HOLISME : "Doctrine ou point de vue qui consiste à considérer les phénomènes comme des totalités").
Si l'on comprend cela on doit aussi comprendre que le fait d'orienter vers les seuls citoyens (ou essentiellement vers les citoyens) des mesures visant à plus ou moins préserver notre environnement actuel (alors qu'il faudrait envisager le plus sérieusement du monde le restaurer...) est en soi profondément anti-écologique, et par là même "anti-environnemental" puisque l'un des ingrédients principaux de "l'écosystème" serait absent du train de mesures.
Cet ingrédient principal est constitué des diverses instances sur lesquelles chaque citoyen n'a que très peu de prise : l'état, les structures superétatiques diverses, les entreprises... ce que j'ai appelé jusqu'à maintenant "l'autorité supérieure".
Si les comportements individuels ont leur importance il faut bien comprendre qu'ils ne sont en rien "le tout".
Et si seulement une fraction du "tout" manque dans ce "Grenelle de l'environnement" il lui manquera aussi l'essentiel de sa signification : les conséquences seront alors minimes par rapport à ce qu'elles devraient être pour que les chose qui doivent changer changent réellement.
Rappelons par la même occasion que ce "tout" signifie qu'il faut que nous prenions A LA FOIS soin de notre environnement ET de la vie qui s'y déroule, cela nécessite de porter un oeil A LA FOIS sur la biodiversité, ET sur la pollution, ET sur nos modes de vie... sans rien dissocier ni rejeter.
Cela inclut donc aussi bien le "social" que le strict "environnemental" : si l'on agit au nom de "l'écologie" il faut que l'on se soucie aussi bien des humains dans l'ensemble des aspects de leur vie (du pouvoir d'achat à la gestion des déchets, à la santé, aux loisirs... et aux grandes options prises pour les gouverner, domaine par domaine...) que des lombrics ou de la fonte des glaces...
Par bamuhiga, le Lundi 26 Novembre 2007 Ã 12 h 38 mn. IP : xxx.x01.151.4
l'origine et le fonctionnement de l'écosphà re
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