Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
Créer le PIB+ correspond à créer des modules de calcul, calculs qui seront appliqués au PIB et à ses diverses composantes afin de faire émerger des tendances par rapport à des objectifs à atteindre.
Ces modules devront utiliser des paramètres qui ne sont pas contenus dans le PIB mais sont des données statistiques généralement bien renseignées et disponibles.
Lors de l'établissement de ces modules il faudra veiller à n'utiliser que des données correctement normées (reflétant de façon homogène d'un pays à l'autre chaque caractéristique à prendre en compte) afin que le PIB+ puisse être appliqué à tous les pays du monde.
Les objectifs de base du PIB+ sont exclusivement le respect de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et une empreinte écologique de "1" : il faut que le PIB+ conduise à ces objectifs et marque les écarts par rapport à ces objectifs, ce doit être sa seule mission.
Le paramétrage des modules de calcul ne doit en aucun cas permettre une orientation de nos sociétés vers des solutions prédéterminées hors de ces objectifs.
Le débat sur l'opportunité d'orienter nos économies vers un modèle économique différent, caractérisé par une croissance ou une décroissance que l'on a parées de différents qualificatifs, n'est pas tranché.
Différentes théories, finalisées ou non, s'opposent sans que l'on puisse décider que le modèle économique proposé par chacune d'entre elles serait ou non préférable à tous points de vue à celui que nous connaissons.
On ne pourrait donc considérer comme digne d'être universellement adopté un indicateur qui pourrait orienter préférentiellement nos sociétés vers l'une ou l'autre de ces solutions.
Qu'à terme le PIB+, après un certain temps d'utilisation, oriente nos sociétés vers l'une de ces solutions au détriment de toutes les autres serait possible, mais cette orientation n'aurait pas été contenue dans l'indicateur : elle aurait émergé du fait des tentatives de nos sociétés à trouver un équilibre satisfaisant, tentatives d'où pourrait se dégager une tendance forte vers un système particulier.
Le PIB+ a donc pour vocation de permettre des réajustements qui laisseraient une grande latitude de manoeuvre à nos sociétés, sans préjuger des caractéristiques du "code de conduite sociale" auquel il pourrait donner naissance mais en orientant délibérément ce code vers un système d'où serait bannie toute forme de dictature.
Lorsqu'il sera question de concevoir des modules de "progrès" ou de "développement" humain le sujet des inégalités dans la répartition des richesses ne pourra être éludé.
Ce débat n'a pas non plus reçu de réponse définitive : nul ne peut démontrer si une société très égalitaire serait garante d'un plus grand respect de l'intérêt général, ou si une société inégalitaire, et dans quelle mesure, lui serait préférable.
Il faudra pourtant que le PIB+ puisse prendre en compte les disparités de revenus dans la mesure où elles peuvent signaler un déséquilibre sans pour autant que le coefficient auquel donnera lieu cette prise en compte soit une fonction directe de cette disparité.
En effet avec une fonction directe une disparité nulle (égalité totale des revenus) produirait un coefficient de "1" qui représenterait donc la norme à atteindre, mais nous venons de voir que la discussion n'est pas close sur la validité d'une telle norme.
Il faudra donc pondérer cette valeur de disparité par d'autres paramètres (par exemple liés aux pourcentage de population vivant sous un "seuil de pauvreté") afin d'obtenir une indication neutre vis à vis du critère d'égalitarisme.
Imaginons un pays qui serait le siège d'une activité manufacturière très réduite, dans lequel des activités de services très développées permettraient des exportations de services (non matériels, et à très faible impact sur l'environnement) générant d'importants bénéfices qui seraient utilisés par ce pays aux fins d'importer massivement des biens matériels éventuellement produits au prix de dégradations très fortes de l'environnement.
Il faudrait veiller que ce mode de fonctionnement ne puisse conférer à ce pays un PIB+ très favorable, qui ne tiendrait pas compte des atteintes indirectes qu'il porte à l'équilibre du monde du fait de l'appel à cette production délocalisée.
Le PIB+ devra être conçu pour refléter ce type de distorsion.
Le PIB ne tient pas compte de la valeur des actifs et des passifs.
Ainsi la fabrication et l'utilisation de produits polluants puis les dépollutions qu'implique leur dissémination (dans les eaux par exemple) sont deux sources d'évolution du PIB.
Des modules du PIB+ devront être prévu pour permettre une évaluation de ces deux types d'activités qui se traduira en un coefficient à appliquer aux activités concernées.
L'objectif sera par exemple de différencier la fabrication de produits (d'entretien, phytosanitaires...) non polluants de celle des équivalents qui impliqueraient la nécessité de dépolluer.
Le PIB+ sera donc une manipulation effectuée sur le PIB et ses données de base au moyen d'indicateurs supplémentaires issus de diverses statistiques.
Il ne doit pas avoir pour ambition de quantifier et qualifier avec une grande précision l'ensemble des activités d'un pays et leurs impacts.
Il devra seulement refléter de façon fiable la part accessible de ces activités et impacts à partir des données de base qui composent un PIB en évitant tous les biais que l'on pourrait qualifier de "dogmatiques" ou "idéologiques".
La fiabilité du PIB+ et les chances qu'il puisse être largement adopté en offrant l'utilité qu'on peut en attendre dépendront étroitement de la rigueur avec laquelle seront élaborés ses modules de calcul.
Page vue 865 fois depuis le Samedi 2 Décembre 2006 - Hébergé par Model-FX