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Equité

Il est de plus en plus question "d'équité" : que signifie exactement ce terme ?

(Principe impliquant l') appréciation juste, (le) respect absolu de ce qui est dû à chacun.

Le respect de ce qui est dû : chaque fois qu'il y aura inéquité dans ce monde il y aura donc ce déséquilibre entre ce qui est dû et ce qui est donné, fourni ou permis.

Comment évaluer, cerner les contours de ce "dû" ?

Les sentiments de chacun ne sont pas un référentiel fiable pour cette évaluation, car ils peuvent répondre à des motivations qui ne recueilleraient pas un assentiment assez large pour correspondre à un indispensable consensus.

Pour les mêmes motifs les raisonnements de chacun n'auront pas la nécessaire fiabilité et nous devons donc recourir à un code pour définir ce "dû".

Le meilleur des codes actuellement disponible, et très largement reconnu même s'il ne recueille pas une totale unanimité, est la Déclaration universelle des droits de l'homme : nous y trouverons la norme de l'équité, les caractéristiques de ce "dû".

Ce texte nous définit en fait précisément ce que sont les conditions les plus largement entérinées (qui s'approchent donc au plus près de l'acceptation unanime) pour que les relations entre les humains puissent être équilibrées.

Quelle que soit l'échelle considérée, des relations internationales dans la sphère politique ou commerciale au simple contact de voisinage, il faut que les rapports que nous entretenons entre nous répondent à ces spécifications pour qu'il existe entre nous un équilibre acceptable.

En conséquence, et si l'on considère que chacun d'entre-nous agit comme un élément de la régulation du monde, chaque fois que nous transgresserons ce code nous deviendrons un facteur de déséquilibre dans ce monde.

Si le système en tant qu'institution structure/régule les relations entre les individus (les éléments) en son sein, il est indubitable qu'en même temps, ces individus et l'environnement du système participent à son façonnement. Ils le transforment, l'améliorent, l'entretiennent et contribuent à son renouvellement.

Autrement, un système qui perd son dynamisme et sa capacité d'adaptation à l'évolution de son environnement externe et/ou de son contexte interne est inexorablement condamné à disparaître.

La régulation sociale : un concept au centre du débat récurrent sur la place relative de l'acteur et du système dans l'organisation des rapports humains en société

Nous interagissons avec "le système" qui est supposé réguler nos relations (via cette Déclaration Universelle et les différentes lois en vigueur), régulation qui se justifie par le respect d'un intérêt général qui ne peut être que la résultante du respect de l'intérêt de chacun.

La régulation sociale effective, que l'on voit à l'oeuvre dans tous les types de sociétés animales (sinon végétales ?) et qui est donc indissociable de l'existence d'une société, est donc pour notre monde le compromis entre la tentative du système de faire respecter le code qu'il a promulgué et la résultante de nos comportements, qui peuvent transgresser ce code et ne s'en privent désormais visiblement pas.

L'humanité n'a pas perdu son dynamisme, chacun de nous peut constater son hyperactivité, il est cependant douteux que ce dynamisme s'exerce en faveur d'une meilleure adaptation à son environnement externe et à son contexte interne.

Ce doute est largement conforté par l'utilisation très fréquente de certains termes dans nos conversations, nos publications : notamment le terme de "crise" omniprésent.

Un code obsolète ?

Les mécanismes à l'oeuvre sont donc celui d'un contrôle social théoriquement assez bien défini (Déclaration universelle des droits de l'homme) mais très peu appliqué et respecté avec lequel nous sommes en interaction constante pour le refaçonner.

En fait de façon très claire il y a généralement très peu d'empressement à faire respecter ce code qui devrait conditionner les rapports humains.

Et plutôt que de le refaçonner, c'est à dire en écrire une version différente, nous le transgressons et lui substituons au gré de nos intérêts du moment des éléments de code qui ne dépendront que des sentiments ou des raisonnements d'une minorité d'entre nous, pour ce qui concerne les relations entre des groupes de pression, ou de nous mêmes individus pour nos actes personnels.

Est-ce l'effet de l'individualisme ambiant, est-ce ce que l'on peut appeler l'exercice d'un "libre arbitre" ?

On pourrait en discuter sans fin jusqu'à en oublier que la vie en société ne peut pas exister si elle ne répond pas à des codes qui ont pour objectif de garantir la durabilité de cette société en préservant à la fois l'intérêt général et celui de chacun.

Se pose donc la question de la validité de ce code : est-il capable d'assurer, à notre époque, une qualité suffisante des rapports humains ?

Mais on peut aussi se demander ce qui nous motive à le transgresser et surtout examiner chacune des transgressions afin de déterminer si elles offrent une meilleure ou une moindre garantie du point de vue de l'intérêt général : à qui profite le "crime" de lèse code ?

Ce crime est-il un bienfait ou une calamité ?

Une responsabilité universelle

Transgresseurs nous devenons tous prescripteurs, chacun co-auteur à son niveau d'un élément de code à usage plus ou moins local dont la portée pourra largement excéder le minimum nécessaire et suffisant et alors générer des contraintes qui ne pourront satisfaire à la condition d'acceptabilité unanime.

L'accumulation de ces bribes de code a toutes les chances de présenter un niveau d'incohérence élevé, de contenir des prescriptions contradictoires et d'induire plus de déséquilibre que d'équilibre.

Si l'enjeu direct de ces prescriptions favorise l'intérêt (de préférence immédiat) d'une personne ou d'un groupe la prescription affectera souvent en négatif les intérêts d'un autre groupe : la transgression est directement mise au service de nos compétitions, généralement économiques.

Nous vivons dans un monde qui privilégie la compétition sur la collaboration : cette compétition veut s'affranchir de toute règle et l'on nommera peut-être cet affranchissement "libéralisme".

Qu'importe la dénomination : nous participons tous plus ou moins tour à tour à l'équilibre et au déséquilibre du monde et il semble aujourd'hui que la résultante globale s'inscrit plutôt dans le déséquilibre.

Nous le faisons dans nos plus petits actes comme dans les plus importants, dans le choix de nos options de vie, de ceux qui nous représentent, dans le fait de brûler un tas de plastique au fond de notre jardin, que cela enfume ou non de substances toxiques notre voisinage, que les dioxines ainsi relâchées puissent ou non intoxiquer quelques jours plus tard un phoque arctique qui sera mangé par des Inuits...

Cela parce-que le "code de bonne conduite personnel" de M. Machin voudra qu'il allume son brûlot plutôt que de livrer ses déchets à la benne.

Et nous oublions toujours que chacun de ces petits ruisseaux fait une grande rivière sur laquelle nous voguons tous et nous conduit tous dans une seule et unique direction : notre destin commun.

Le grand oublié : notre destin commun

Oui, une seule planète sur laquelle chacun exerce une influence et de laquelle nous ne nous échapperons pas.

Que la somme de ces influences représente un danger, nous y serons tous soumis.

Le tsunami du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien (qui n'était pas imputable à des activités humaines) n'a fait aucune distinction entre ses victimes : elles ont partagé le même destin.

Il en sera de même pour des phénomènes qui proviendraient de déséquilibres que nous aurions causés et nous pourrions en concevoir craintes et peurs.

C'est plutôt vers une dynamique de rééquilibrage que nous devrions nous tourner, avec pour seule certitude : chacun de nous a une part de responsabilité dans le destin que nous partagerons.

Et la nature de ce destin est indissociable du code que nous aurons choisi et scrupuleusement appliqué pour encadrer nos conduites.

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