Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
J'emprunterai pour définir le terme "équilibre" à ce que nous en dit un dictionnaire dans le domaine de la chimie et de la thermodynamique :
État d'un corps ou d'un système de corps qui dépendent des conditions de leur milieu (température, pression, etc.) d'une façon telle qu'à chaque état défini de ces conditions, appelées facteurs de l'équilibre, corresponde un état déterminé et toujours le même du corps ou du système considérés, quel que soit le sens dans lequel s'est effectuée la variation du milieu.
et tenterai d'adapter cette définition à nos sociétés, qui figureront donc le "corps ou système de corps", en tenant compte du fait que nos sociétés évoluent et doivent évoluer (vu l'état dans lequel elle se trouvent cela semble pour le moins indispensable !).
Dans cette définition "le milieu" est la seule source de variabilité à laquelle est soumis le corps, elle lui est externe et l'invariabilité de l'état du corps dépend de son adaptabilité aux variations des conditions du milieu : nous nous trouvons donc dans un système auto-adaptatif.
Si nos sociétés pouvaient être fixées dans leur état actuel et en considérant que "le milieu" est l'ensemble biosphère / lithosphère (car nous tirons des facteurs d'équilibre, sous la forme de ressources fossiles, de cette lithosphère) la condition d'équilibre serait satisfaite si nos sociétés pouvaient se maintenir dans cet état quoi qu'il se passe dans son "milieu".
Or l'épuisement des ressources fossiles (la raréfaction très forte de certains métaux est en cours et conduira, dans l'état actuel des stocks connus, à une pénurie dans 40 à 50 ans pour certains d'entre eux, comme le platine probablement) et les changements climatiques prévisibles ne permettront pas à nos sociétés de s'adapter si elles demeurent dans l'état où nous les connaissons, c'est à dire si la composition de leurs besoins, de leurs méthodes, de leurs pratiques ne change pas.
Nous sommes donc contraints à constater une incapacité de nos sociétés actuelles à survivre en l'état, sans agir afin de se donner la possibilité de s'adapter à l'évolution de facteurs externes : elles ne sont pas en équilibre par rapport à eux.
Nous le savons tous nos sociétés sont le siège de répartitions de biens hautement inéquitables, au point que les besoins vitaux de nombreuses populations ne sont pas assurés alors qu'ils pourraient l'être sans que nous ayons besoin d'un supplément de ressources.
Nous ne pouvons donc prétendre que l'équilibre interne "du corps" considéré est satisfaisant, et nous pouvons probablement constater que cet équilibre insatisfaisant s'auto-alimente, et de ce fait s'accroît.
D'un côté il y a accumulation croissante de richesse de la part d'une minorité, de l'autre un accroissement de la pauvreté qui recèle en son sein les facteurs de son propre accroissement, serait-ce seulement au prorata de la croissance démographique des populations les plus défavorisées.
Nul doute que ces déséquilibres internes joueront un rôle important sur l'avenir du monde, sa stabilité, ses possibilités de "développement".
On voit donc que l'équilibre de nos sociétés n'est pas assuré, qu'il est beaucoup plus complexe que n'importe quel équilibre thermodynamique dont l'étude peut mobiliser des spécialistes de haut niveau afin d'en vaincre les secrets.
Il nous faut donc considérer que l'équilibre du monde, celui de nos sociétés, est précaire, que cette précarité doit être envisagée et prise en compte à court terme, qu'elle auto-entretient sa propre croissance, qu'elle présentera une menace grandissante pour tous aussi longtemps que l'on ne stabilisera pas certains phénomènes, qu'elle nous pose une infinité de problèmes qu'il ne sera pas possible de résoudre par une analyse simpliste et des "mesures" inventées sur un coin de table, fût-elle ministérielle, fût-elle celle d'un "sommet international".
Nos sociétés disposent d'un nombre de plus en plus réduit de facteurs d'équilibre interne : il faut augmenter ce nombre et la puissance de chacun des facteurs susceptibles de nous ramener à de meilleurs équilibres.
Voiture à hydrogène, biocarburants, enfouissement du CO2, inventivité humaine... : la foi dans le progrès qu'affichent certains est touchante, et ce type d'attitude n'a rien de très nouveau.
On avait "foi dans le progrès" en 1910, en 1920, en 1930, dans les années intermédiaires à ces dates, avant aussi tout autant que bien après.
Cela a-t-il jamais suffi à nous mener à un équilibre planétaire satisfaisant ?
N'y-a-t-il pas eu d'atroces conflits en parallèle avec des progrès de tous ordres, et des conflits donnant lieu à des dévastations proportionnelles à l'échelle du progrès acquis au moment où ils se déroulaient ?
De toute évidence ce type de croyance ne conduit à aucun effet opérationnel : le progrès issu de la sphère scientifique et technique ne nous fournit rien de plus que des outils.
Et l'essentiel dépend ensuite de l'utilisation que nous faisons de ces outils : rappelons que l'agriculture mondiale produit aujourd'hui assez de denrées pour nourrir correctement l'ensemble de l'humanité.
Ce n'est pas tant un progrès scientifique ou technique dans le domaine de l'agriculture qu'il faut réaliser mais un progrès dans la façon que nous avons de répartir vers chacun cette nourriture.
Cette considération ne doit cependant pas exclure que nous devions accomplir de très sérieux progrès en agronomie étant donné que des formes d'agriculture très largement pratiquées s'avèrent largement dévastatrices (voir la rubrique "Agriculture" de ce site, en perpétuelle évolution).
A moins que l'on invente une pilule qui serait distribuée gratuitement à tous et qui permettrait à chacun de tirer de l'air ou du sol, à la façon d'un lichen ou d'une plante, son énergie et sa subsistance, aucun progrès technique ou scientifique ne pourra garantir à lui seul, ou en conjugaison avec d'autres progrès du même ordre, un équilibre satisfaisant du monde.
Les personnes qui affirment que "le progrès" sauvera l'humanité ont probablement omis de prendre en compte certains paramètres...
Si l'on ne peut attendre "du progrès" dans "son irrésistible marche en avant" LA solution aux problèmes du monde, d'où viendra-t-elle ?
Elle ne pourra émerger, sous des formes multiples, que de la prise de conscience de chacun, de tous autant que possible et au minimum du plus grand nombre, qu'il y a urgence à opérer des changements.
Et cette solution ne sera pas UNE solution, mais un ensemble d'éléments de solutions susceptibles d'agir à tous les niveaux de toutes les sociétés et dans tous les domaines, car l'on pourrait s'apercevoir qu'aucune de nos activités n'est dissociable du "tout".
Il nous faut donc pouvoir examiner le monde à la fois dans son ensemble et dans le moindre de ses détails, l'ensemble n'étant rien d'autre que la résultante de l'accumulation de la totalité des détails.
Cela induit que chacun de nous est "important" pour l'avenir du monde : chacun de nous est également responsable de cet avenir.
Par zikolight, le Mardi 11 Décembre 2007 à 20 h 26 mn. IP : xxx.x51.82.92
un tres bon sujet mais j'aimerai bien savoir les facteurs de destabilisation du monde contemporain
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