Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
Les questions d'habitat sont au centre des préoccupations d'un certain nombre de français (sans oublier qu'elles se posent dans bien d'autres pays) depuis quelques années déjà : l'accession à un logement correct dans un cadre agréable est de plus en plus difficile pour beaucoup d'entre nous et je ne reprendrai pas ici les statistiques sur le nombre de logements insalubres ou inconfortables, le manque de logements sociaux, le nombre de sans abris et de travailleurs pauvres qui vivent sous tente, en caravane, dans leur voiture, la rue, ou de personnes à la fois sans travail et sans logement : des situations qui devraient faire rougir de honte l'ensemble de notre société, chacun de nous.
Une "bulle immobilière" a sévi, qui a renchéri le prix d'un bâti qui par ailleurs pose d'énormes problèmes vitaux : le bâti existant est dans sa très grande majorité une source majeure d'émissions de gaz à effet de serre.
Et malgré certaines normes récentes les constructions nouvelles, même si elles sont parfois cablées de fibre optique, restent des monstres énergivores, des bâtiments assez stupides du point de vue énergétique.
Une stupidité qui coûte systématiquement très cher aux utilisateurs et habitants des locaux, et l'on verra l'exemple que nous donne un de nos "grands" architectes français qui n'a véritablement pas pris la mesure de l'ensemble des enjeux de sa profession : A Mulhouse, des locataires d'HLM conçues par Jean Nouvel se plaignent du coût du chauffage.
Débourser environ 500 euros par mois pour un appartement HLM conçu par un architecte de renom, cela s'appelle une belle opportunité. Mais quand il faut y ajouter 200 euros mensuels, voire plus, pour s'acquitter de la facture d'électricité, l'affaire se corse. Telle est la déconvenue vécue par une dizaine de ménages locataires de la Cité Manifeste, à Mulhouse (Haut-Rhin).
Factures d'électricité record à la "Cité Manifeste" de Mulhouse.
Et l'on verra sur le blog "La cité manifeste à Mulhouse" qu'une telle conception du logement social pêche à divers points de vue, avec notamment une taxe d'habitation prohibitive.
De tels "bâclages" sont inacceptables !
Le gouvernement a lancé en 2005 un plan d'action basé sur la généralisation d'habitats en accesssion à la propriété intitulé "Maison à 100 000 euros, avec des spécifications qui éviteraient les déboires rencontrés à la "Cité Manifeste" :
Les maisons devront atteindre un niveau de performance technique plus élevé que celui requis par la réglementation en vigueur. Elles seront ainsi plus performantes que la plupart des logements actuellement construits. Les « maisons à 100 000 ? » devront ainsi atteindre un niveau de « très haute performance énergétique », permettant de réduire la consommation d'énergie de 15% par rapport aux normes actuellement en vigueur.
"Plus performantes" : mais est-ce suffisant ?
Il semble qu'une fois de plus nos politiques n'ont examiné qu'une ou deux des cartes qu'ils ont en main et ont joué : ce n'est pas se donner les meilleures chances de gagner !
Outre que cette initiative est l'objet de diverses critiques portant sur la possibilité de réaliser un tel programme : Une maison à 100 000 euros : nouveau coup de pub, La maison à 100 000 Euros : tout le monde se marre !, il ne semble pas que les exigences énergétiques soient au niveau de celles que nous devrions mettre en place pour des édifices dont la durée de vie se chiffrera en décennies.
Aujourd'hui, si nous examinons TOUTES les cartes qu'il nous FAUT jouer nous DEVONS déployer tous les efforts nécessaires (techniques, législatifs, financiers...) pour infléchir rapidement nos modes de constructions vers des édifices passifs du point de vue énergétique (Maison passive).
Cela, l'urgence climatique nous le dicte, nous ne savons pas l'écrire.
Cette incapacité ne doit pas durer, elle nous coûtera cher !
Nous le paierons d'un réchauffement climatique accru et dont visiblement les dangers ne sont encore pas pris en compte par notre personnel politique : il nous appartient peut-être de le rappeler à la réalité ?
Car éteindre la lumière lorsqu'on quitte une pièce, éteindre les appareils électriques dès que l'on cesse de les utiliser et autres petites disciplines personnelles ne suffira JAMAIS à limiter avec une ampleur suffisante nos émissions de gaz à effet de serre.
Une réponse simultanée, coordonnée, aux problèmes sociaux et environnementaux dans le domaine de l'habitat est indispensable, elle doit reposer sur une vision à long terme dans ces deux domaines puisque l'habitat n'est pas seulement le toit sous lequel nous nous protégeons des intempéries.
Il est un lieu de vie par son intérieur ET son extérieur, un lieu de production / consommation de bien ou de mal être, de déchets et de pollutions, de sociabilité, d'antagonismes ou d'indifférences... un lieu de rayonnement vers les différentes destinations de notre société...
L'habitat doit être pensé en fonction de ces nombreuses fonctions et se trouver dans un milieu qui en tiendra également compte, ceci dans une vision de long terme : quel urbanisme ?
Selon l'ensemble des caractéristiques de sa conception il donnera à notre société un équilibre plus ou moins souhaitable ou un déséquilibre que l'on résoudra très difficilement, et cela vaut du point de vue des rapports humains comme de celui des facteurs énergétiques, et donc climatiques.
Si nous façonnons notre milieu, notre milieu nous façonne en retour, ne l'oublions pas !
Pour terminer cette introduction à la rubrique "Habitat" je me demanderai s'il ne serait pas judicieux d'examiner avec un peu d'attention le problème des sans domicile fixe qui n'ont pas de travail.
Nous verrons probablement s'instaurer un contexte législatif pour lequel le "droit au logement sera opposable", avec quelques incertitudes quand-même sur la portée de ces lois : Le gouvernement vient de reconnaître que le « droit au logement opposable » ne sera qu'un faux semblant...
Obtenir un logement restera donc probablement une affaire difficile pour beaucoup, et notamment pour les personnes les plus dé socialisées.
Nous verrons dans cette rubrique "Habitat" qu'il existe des types de constructions très intéressants à tous points de vue et qui peuvent être mis en oeuvre dans des cadres de coopération plus ou moins formelle : ne serait-il pas intéressant d'étudier une dynamique de chantiers de construction de maisons en paille, en terre..., systèmes très adaptés à l'auto construction, qui permettraient à ces personnes sans emploi ni domicile de construire elles-mêmes leur logement, en collaborations volontaires et croisées, avec l'appui d'un encadrement technique adapté ?
De quoi créer d'un même élan des logements, des liens sociaux, des réhabilitations professionnelles...
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