Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
Nous savons combien il est difficile de parvenir à des accords internationaux efficaces et satisfaisants par des négociations.
Ces négociations constituent pourtant théoriquement une forme satisfaisante afin de parvenir à un accord : elles rassemblent l'ensemble des partenaires en donnant à chacun une place et un poids équivalent.
Ceci constitue l'aspect théorique des choses et l'on s'aperçoit dans la pratique que cette théorie n'est presque jamais respectée, les représentations pouvant être pondérées par divers paramètres, les délibérations pouvant être soumises à des pressions externes de diverses nature...
Les grands cycles de négociations internationales ne sont probablement pas le seul outil à mobiliser face à l'ampleur et à l'urgence des changements à entreprendre.
Nous avons vu monter en puissance différents mouvements qui contestent divers aspects du cours des choses : les "alter" se sont emparés avec plus ou moins de succès de cette question d'organisation du monde, en utilisant plusieurs formes d'interventions, du colloque mondial au rassemblement contestataire à l'occasion des "G8" et autres réunions de Davos.
Je ne me lancerai pas ici dans une critique de ces différentes actions, qui me semblent en fait aussi indispensables pour attirer l'attention de l'humanité sur un grand nombre de problèmes graves qu'elle sont de relativement peu d'effet sur le cours des choses.
Tragique constat de ce couple "nécessité / impuissance"...
Pour le moins ces actions n'ont pas encore résolu un trop grand nombre de problèmes graves.
On peut en déduire soit qu'il n'y aurait rien d'autre à faire qu'attendre une sorte de mûrissement des interactions aujourd'hui à l'oeuvre, soit qu'il manque au registre de ces interactions quelques outils : c'est mon point de vue.
Il y a conflit entre des volontés opposées qui, chacune, voudraient promouvoir des intérêts différents, qui peuvent plus ou moins correspondre de part et d'autre à l'intérêt général de l'humanité ou pour le moins le prétendent.
Qui peut trancher, hormis l'humanité elle même ?
Car ici chacune des deux parties peut prétendre agir au nom de l'humanité, en représenter mieux les intérêts sans qu'on dispose d'un moyen fiable et incontestable de les départager.
C'est ce moyen qu'il faut inventer, non pour le pur plaisir d'effectuer cette détermination mais afin que tout le monde soit en possession de la même boussole, que tout le monde puisse participer à un travail de fond.
Une boussole qui n'attendrait personne pour montrer le nord : elle n'imposerait pas à un état de changer quoi que ce fût dans le calcul de sa croissance, elle n'imposerait pas de nouvelles normes de comptabilité internationale, elle serait applicable à tous sans distinction, que chacun le veuille ou non.
Ainsi l'humanité disposerait-elle de l'outil de diagnostic qui lui fait défaut, ainsi pourrait-elle statuer et devenir par l'initiative de chacun le moyen de pression qui pourrait contraindre les volontés conservatrices à une indispensable évolution.
Quel côté de la table cette humanité rejoindrait-elle ?
Celui des forces à l'oeuvre aujourd'hui, que l'on peut représenter par l'OMC, ou celui des alters ?
Ajouterait-elle à cette table un troisième côté ?
Il est hasardeux d'émettre une prédiction mais au moins elle se serait prononcée en connaissance de cause.
Et cela importe par dessus tout : c'est notre destin à tous qui se trouve en cause, il faut que tous nous puissions prendre la parole sur l'orientation à lui donner.
Il faut donc que cette humanité dispose d'outils qui lui permettront des diagnostics faciles, rapides, des comparaisons, outils qui lui permettraient d'exercer à juste titre des pressions dont il serait difficile de contester le bien fondé, et il faut que ces outils soient à la disposition de tous.
Que, comme on respire ou comme on lit un cadran, l'on puisse prendre conscience qu'une activité, une façon de faire, un type de production... porte ou non atteinte à l'intérêt général de l'humanité.
Que chacun puisse donc en tirer la conséquence qu'il convient ou non d'agir, de quelle manière et dans quel sens.
Il semble que ce type d'outil pourrait avoir une grande efficacité dans des choix personnels d'orientation comme dans des décisions collectives : faudrait-il pour cela qu'ils soient assez précis et complets.
On peut logiquement attendre de ce type d'outil qu'il relègue en toile de fond les débats aux conclusions indécidables : ils auraient des vertus pratiques directes et feraient probablement évoluer nos sociétés, par tâtonnements, vers d'autres modes de fonctionnement qui seraient ou non basés sur une croissance économique continue, une décroissance progressive, différentielle, sélective, maîtrisée... ?
Le risque principal que nous prenons en créant ce type d'outil est de faire faire un pas de géant à la démocratie.
Proposer un outil sur lequel chacun pourra réfléchir plutôt que des solutions toutes faites, même si elles sont en fait excellentes, me semblera toujours préférable : il ne faudra jamais négliger la nécessité impérieuse pour chacun de pouvoir savoir, comprendre et assumer sa part de décision dans ce qui déterminera notre destin commun.
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