Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
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Le principe du PIB+ étant de donner une orientation, c'est par rapport à l'objectif que l'on doit atteindre que cette orientation doit être déterminée.
L'objectif à atteindre pour que le monde connaisse un état de meilleur équilibre est double : l'humanité doit se trouver en équilibre avec elle-même, cet équilibre nous sera indiqué par le niveau d'équité constaté à chaque échelle de population, elle doit aussi parvenir à un équilibre correct par rapport à son environnement, ce qui nous sera révélé par l'empreinte écologique correspondant à chacune et à l'ensemble de ses activités.
On définira donc 2 chapitres principaux, le "PIB+ humain" et le "PIB+ environnemental", chacun d'entre eux étant subdivisé en autant de sections que nécessaire pour rendre compte de toutes les variations significatives.
Ces deux chapitres du PIB+ pourront être synthétisés dans une valeur unique, le "PIB+", par une opération arithmétique simple.
Le "PIB+ humain" aura pour objectif de mesurer le niveau d'équité sur la base de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et aura une valeur optimale de "1".
Pour le "PIB+ environnemental" on prendra par convention comme valeur "idéale" celle de l'empreinte écologique, qui vaut "1" et signifie que nous satisferions l'ensemble de nos besoins avec les ressources que peut nous fournir une seule planète Terre, donc sans porter atteinte au capital commun.
Cette valeur "1" sera donc un coefficient applicable à chaque composante du PIB et au PIB lui-même : ainsi nous pourrons disposer d'un indice synthétique pondéré, exprimé en une valeur monétaire, qui sera égal à la moyenne entre le "PIB+ humain" et le "PIB+ environnemental".
Le pays qui obtiendrait un coefficient de "1" aurait atteint l'idéal visé.
La part "négative", représentant un danger pour l'équilibre du monde, de son PIB serait de 1 - 1 = 0.
Pour un pays dont l'indice synthétique de PIB+ serait de 0,8 et dont le PIB serait de 1000 il serait facile de calculer que l'écart à l'idéal serait de 0,2 et que l'image du coût de cet écart à l'idéal serait de 1000 x 0,2, soit 200.
Et comme il s'agit de permettre au monde un état d'équilibre correct, dont l'ensemble de l'humanité bénéficierait, c'est également l'ensemble de l'humanité qui souffrirait du déséquilibre que provoquerait l'un de ses membres : on pourrait donc dire que ce pays "coûte" 200 à l'humanité.
La réalité serait que ce pays produirait 20% de sa richesse via une dette tirée sur l'humanité, ce qui pourrait constituer une autre forme de présentation du résultat.
La différence entre le coût environnemental et le coût humain pourra apparaître à chaque niveau des composants du "PIB+" comme à son niveau global.
Le PIB étant la valeur totale de la production interne de biens et services dans un pays donné au cours d'une année donnée il résulte donc d'une somme d'éléments connus auxquels peuvent être appliqués les mêmes types de coefficients.
Il sera donc possible de dire que cette part "pénalisante pour l'humanité" du PIB de ce pays est imputable pour un pourcentage défini à son industrie lourde, pour un autre pourcentage à son agriculture, que dans ce secteur de l'industrie lourde l'influence de la consommation de ressources fossiles a telle valeur, l'influence de la vétusté des équipements telle valeur, et l'influence du trop faible niveau de rémunération des employés telle autre valeur.
En d'autres termes il sera possible de faire pression sur les acteurs économiques en cause afin qu'ils révisent leur politique énergétique ou leur politique d'emploi dont les inconvénients seront faciles à mettre en évidence sur la base d'une valeur facile à établir, une fois défini le système de coefficients le plus approprié à refléter cet "équilibre correct du monde".
Il existe partout, à tous les niveaux de nos sociétés, des échanges non monétarisés (travaux, biens, services), des échanges monétarisés qui échappent aux comptabilités publiques et jouent un rôle macro-économique : faut-il les prendre en compte dans un tel système ?
Il semble que nous ne savons pas à l'heure actuelle mesurer de façon fiable la valeur de ces différents types d'échanges, dont on peut toutefois penser qu'ils apparaissent "en creux" dans la comptabilité publique.
La mise en place de ce "PIB+" ne doit pas se focaliser sur ce type de question, peut-être insoluble : son objectif est de mettre le plus vite possible à la disposition de tous un outil de diagnostic aussi fiable que possible avec les connaissances du moment.
C'est donc sur cette économie formelle assez bien décrite par toutes sortes de bilans qu'il doit s'appuyer.
L'existence de cet outil, surtout s'il devenait véritablement efficace, pourrait être considérée comme néfaste aux yeux des partisans de certains types "d'économies solidaires" dans lesquelles se pratiqueraient des échanges non monétarisés.
Les tenants de ce type d'économie, qui sont aussi ceux d'une "relocalisation de l'économie", tentent souvent de la promouvoir en réponse aux failles qu'ils détectent dans notre économie basée sur la monnaie, failles que le PIB+ serait peut-être en position de résoudre.
Un PIB+ efficace et plébiscité irait donc à l'encontre de l'idée de démonétariser l'économie, puisque les actions qu'il permettrait contribueraient à résorber ces failles.
Souvenons-nous d'abord que la monnaie a été inventée afin de fluidifier les échanges, qu'elle s'est matérialisée de différentes façons, de la tablette marquée d'un signe au cauris, dans des "économies" à l'extension géographique très réduite : on peut considérer que la monnaie a été assez majoritairement reconnue comme le lubrifiant indispensable à la pratique d'échanges.
Elle est désormais universellement utilisée : elle peut donc agir comme le support d'actions qui mèneraient le monde à un équilibre plus satisfaisant.
Il me semble que l'abolition de la monnaie serait un objectif extrêmement difficile à atteindre : ne nous trompons pas de cible, nous visons peut-être tous ce meilleur équilibre par des voies différentes, et dans l'urgence.
Enfin l'utilisation du PIB+ pourrait probablement conduire dans un certain nombre de cas à une relocalisation de l'économie dans la mesure où il saurait prendre en compte les effets néfastes de sa délocalisation.
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