Les "point G" de mes surfs.
Une géographie personnelle du Web.
Réalités virtuelles, toutes nues et commentées...
L'évolution du PIB (Produit Intérieur Brut) reflète sa croissance ou sa décroissance, qui décrit un processus de variation de la seule production économique.
Le pouvoir d'achat de chacun est intimement lié par différents phénomènes à cette variation de la production économique et si l'évolution du pouvoir d'achat dans certains secteurs de l'économie peut se trouver temporairement dissociée de l'évolution du PIB (par exemple décision politique d'augmenter les salaires dans un secteur donné) à moyen terme et en considérant le pouvoir d'achat moyen au sein d'une société, sa valeur suivra l'évolution du PIB, à indice des prix constant.
Il y a donc deux moyens de faire évoluer le pouvoir d'achat moyen : agir sur la croissance ou agir sur l'indice des prix.
Mais dans la mesure où l'indice des prix est en partie le reflet du niveau des salaires et rémunérations il sera difficile de le faire baisser sans affecter les salaires, et donc le pouvoir d'achat : augmenter le pouvoir d'achat moyen reviendra dans la plupart des cas à augmenter la croissance, donc le PIB.
Ceci peut se faire par l'augmentation de la production ou l'augmentation de la productivité du travail.
L'augmentation de la production sera l'augmentation de la quantité de travail fourni si l'on ne change pas la productivité du travail : il y aura donc plus de travailleurs, moins de chômage, et il y aura accroissement du pouvoir d'achat moyen.
Cette même augmentation pourra aussi s'obtenir par une augmentation de la productivité du travail : on produit plus sans embaucher ou en licenciant : le pouvoir d'achat moyen pourra stagner ou se réduire.
Nous voyons donc qu'une croissance positive ne garantit rien du point de vue de l'évolution du pouvoir d'achat.
A moyen terme il sera impossible de créer une augmentation générale du pouvoir d'achat sans une croissance positive du PIB.
Si l'on nous annonce depuis quelques années déjà une restructuration des sociétés "les plus avancées" vers un régime "d'économie de services" corrélé à une décroissance des activités industrielles il faut se rendre à l'évidence que même si une fraction très importante des travailleurs d'un pays intervenait dans des secteurs de services ce n'est pas pour autant que l'on cesserait automatiquement de construire, de fabriquer, de réparer... et de "consommer" à l'intérieur de ce pays.
Et l'ensemble des produits de base sur lesquels s'effectueraient ces constructions, fabrications, réparations et consommations devraient donc être disponibles : fabriqués ailleurs s'ils ne l'étaient ici.
De ce point de vue la réorientation de certaines économies vers les services ne sera pas synonyme de leur moins grande consommation de ressources : une évolution vers "la société de l'information" comme l'annoncent certains (Jacques Attali par exemple) ne nous "dématérialisera pas", n'annulera pas nos "besoins" en biens matériels.
Des "besoins" qui peuvent se classer en deux catégories : les besoins vitaux et les besoins non vitaux (ce chapitre sera abordé dans une section "Besoins").
Il nous faudra donc utiliser des ressources et l'ensemble de ces ressources n'est rien d'autre que l'ensemble de ce que la planète peut nous fournir : ces ressources sont nos prélèvements dans les stocks planétaires renouvelables et non renouvelables.
Pour que les prélèvements sur ces ressources de la part d'une société figurant au palmarès des sociétés "les plus développées" n'augmentent pas, et même diminuent (on verra que c'est nécessaire), tandis que le pouvoir d'achat au sein de cette société croîtrait il faut donc à la fois que cette société diminue sa consommation en biens matériels ET qu'elle base la croissance de son PIB sur la croissance d'activités de services aussi dématérialisés que possibles, c'est à dire des services qui ne consommeraient que très peu de ressources.
Dans notre économie de libre marché il faudrait donc de la part du consommateur une réorientation de son pouvoir d'achat vers ces services dématérialisés au détriment des biens matériels : cela nécessite que ces services deviennent plus attractifs (ressentis comme plus "indispensables" quelle que soit la motivation de ce ressenti) que la possession de biens matériels.
On notera que l'image sociale dont veut s'affubler chacun d'entre nous repose très largement sur le recours à des "prothèses matérielles", à des accessoires qui seront (parfois ou souvent ?) choisis prioritairement pour "l'image" qu'ils sont susceptibles de véhiculer.
C'est de que l'on nomme "la mode" et les différents phénomènes auxquels elle recourt.
Peut-il se produire un renversement de mentalités qui nous ferait délaisser ce type "d'affichage social" au profit d'une utilisation plus large de notre pouvoir d'achat dans des services qui ne pourront pas toujours être utilisés aux fins "d'affichage social" puisqu'ils n'auraient que peu de matérialité ?
A moins que l'on puisse imaginer conférer à ces services un type d'image utilisant un support matériel extrêmement réduit et qui aurait, par exemple, le même impact que de circuler dans un véhicule "haut de gamme" ?
Si une diminution assez massive de notre recours aux ressources matérielles s'impose, il est indispensable ou bien que la liberté de chacun nous conduise tous à réorienter la dépense de nos salaires et rémunérations vers des secteurs "dématérialisés", créant ainsi une demande forte soit sous l'effet d'une raison soit sous l'effet d'une "envie" partagée, ou bien que des dispositifs rendent la dépense orientée vers des biens matériels moins attractive et libère donc une partie du pouvoir d'achat au profit des services dématérialisés.
Il semble donc qu'un certain seuil devra être franchi, il le sera sous l'effet d'un renouveau intellectuel largement partagé, sous l'effet de mesures réglementaires, ou ne le sera pas.
Dans ce dernier cas ne nous attendons pas à ce que l'avenir de l'humanité soit rose sur une planète en voie de destruction accélérée : il n'y sera plus question de croissance ni de pouvoir d'achat mais de survie dans le contexte d'un effondrement plus ou moins lent, plus ou moins homogène, de nos civilisations.
Nous prenons le risque, en ne réagissant pas, de connaître une époque pour laquelle les plus riches d'entre nous seront, petit à petit parfois, très violemment dans d'autres cas (se souvenir de l'ouragan Katrina sur la Nouvelle Orléans), ramenés aux conditions qui prévalent aujourd'hui pour environ la moitié de l'humanité : celle d'une extrême pauvreté, d'une absence de soins, d'eau potable, de nourriture...
.Par la raison ou par la loi, ce franchissement mettra en oeuvre des outils.
Des raisonnements libres, individuels dont la résultante assurerait la décroissance de nos besoins matériels afin de ne pas mettre en péril notre environnement ne naîtraient pas de rien : ils ne pourraient émaner que de concepts forts dans lesquels chacun trouverait une justification impérieuse à changer de comportement.
De tels concepts peuvent-ils s'établir, émerger et gagner en influence ?
Des lois ne pourront s'édicter que sur des concepts tout aussi solides, et seraient indispensables si ces concepts n'étaient pas rapidement reconnus par tous comme de nouveaux impératifs : il conviendrait alors d'en imposer le respect.
Ici se pose une question capitale : si les citoyen(e)s ne reconnaissent pas et ne mettent pas en oeuvre de leur propre chef ces concepts comment le législateur justifiera-t-il de les imposer ?
La seule justification qu'il pourra évoquer sera qu'il est garant de l'intérêt général, ce qui n'est pas nécessairement la préoccupation de chaque citoyen ou citoyenne dans sa vie de tous les jours ou même dans ses choix politiques.
Nous avons cependant vu qu'il pouvait se produire des différences profondes entre l'appréciation de l'intérêt général entre le peuple et ses élus dans différents domaines, par exemple l'amiante ou les OGM...
Il est donc urgent que nous réfléchissions tous à cette question de la croissance dans l'optique d'une préservation de la biosphère, qui est la condition non négociable pour que nous et nos descendants bénéficient de conditions de vie correcte, si ce n'est de survie...
Parmi les outils qu'il nous faut développer, il est indispensable que figurent des indicateurs fiables, plus complets que le PIB, qui nous permettront de calibrer nos actions, le développement de nos économies, en fonction des objectifs économiques, sociaux et environnementaux à satisfaire.
Par José, le Lundi 27 Novembre 2006 à 13 h 49 mn. IP : xxx.x.231.124
Jean-claude, j'ai été très étonné hier soir que Jancovici ne réplique pas à Attali.
Sur son site Manicore, il établit assez clairement que l'activité tertiaire ne représente aucune économie en termes de dépenses d'énergie et de rejets de C02 (un salarié du tertiaire travaille dans un local à air conditionné, utilise autant sinon plus d'électricité qu'un ouvrier, une batterie de machines impressionnantes, se transporte quoiqu'en dise Attali plus qu'un paysan ou qu'un ouvrier, roule en 4X4, prend l'avion, etc).
Par jcm, le Lundi 27 Novembre 2006 à 14 h 48 mn. IP : xxx.x5.79.33
En effet José, mais quelles pouvaient être les libertés de parole par rapport au planning de l'émission ?
Cette émission rajoute à la motivation que j'ai de tenter une sorte de "remise à plat" de cet ensemble de questions, que j'entame ici.
Au passage je tiens à signaler que si l'on trouve sur Manicore un certain nombre d'excellentes approches, toutes ne se valent pas.
J'ai notamment signalé à Jancovoci que les rendements qu'il annonce pour l'agriculture biologique (50%) ne tiennent pas compte d'un certain nombre de réalités.
Il m'a répondu, j'ai répliqué par un mail plus explicatif et documenté : rectifiera_t-il ?
Dans quel sens ?
Il faut donc conserver un oeil critique à chaque coin de rue.
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